Pourquoi?

novembre 8, 2010

Le quartier Monge et l’histoire de Paris

Filed under: tout ou rien — marcos @ 8:03
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C’est un quartier paisible niché entre le village Mouffetard, le Jardin des Plantes, la Grande Mosquée et l’effervescente université de Jussieu, où les bonnes adresses sont légion. Rendez-vous sur sa célèbre place pour une petite visite guidée qui nous mènera jusqu’aux fameuses arènes de Lutèce, l’un des derniers vestiges parisiens de l’époque gallo-romaine.

Le quartier Monge constitue une carte de visite idéale pour qui souhaite découvrir les attraits du cinquième arrondissement, l’une des parties les plus anciennes de la capitale. On y trouve à petite échelle tout ce qui en fait le charme : un enchevêtrement de vestiges gallo-romains ou médiévaux et de constructions modernes, un mélange bigarré de jardins paisibles, placettes retirées et ruelles animées à la nuit tombée, une population hétéroclite d’étudiants, de riverains fidèles et de touristes venus admirer un fragment de ce fameux Quartier latin qui fait tant fantasmer les étrangers. « Les rues du cinquième arrondissement reflètent en grande partie sa dimension historique, universitaire et scientifique », explique Anna Radwan dans son passionnant Mémoire des rues paru aux éditions Parimagine. « Depuis les travaux entrepris par Haussmann, au milieu du XIXe siècle, qui donnèrent beaucoup plus d’espace au quartier […], les nouvelles voies furent souvent nommées en l’honneur des scientifiques du Jardin des Plantes, des professeurs d’université ou des philosophes : Jussieu, Geoffroy Saint-Hilaire, Claude Bernard, Descartes… » Ainsi, la rue Monge doit son nom à Gaspard Monge, un brillant géomètre français à l’origine de la construction de l’Ecole polytechnique. Tracée entre 1859 et 1869 par Théodore Vacquer – considéré par beaucoup comme le fondateur de l’archéologie parisienne –, elle relie l’avenue des Gobelins à la place Maubert et a notamment permis de révéler au grand jour les premières traces des fameuses arènes de Lutèce, du haut desquelles vingt siècles nous contemplent.

Si l’on vous parle du plus vieux quartier de Paris, c’est qu’à quelques mètres de la place Monge se dressait autrefois la montagne Saint-Geneviève, autour de laquelle s’est construite la Lutèce gallo-romaine. L’origine du quartier remonte à la victoire des Romains, en 52 avant J.-C., sur les Parisii, une peuplade gauloise alors implantée sur le site. La Lutèce de l’époque n’est pas Rome, c’est une petite capitale de province avec son forum, son théâtre, son amphithéâtre à scène et ses trois établissements de bains, raconte l’historien Alexandre Gady dans son ouvrage consacré au Quartier latin. De cette époque ne restent plus que les thermes de Cluny, que l’on peut visiter par le biais du Musée national du Moyen Age, et une importante partie des arènes. Construites à la fin du Ier siècle après J.-C., elles pouvaient accueillir plus de 15 000 visiteurs qui se pressaient alors pour assister aux fameux jeux du cirque ou à des représentations théâtrales. Elles restèrent en activité jusqu’à la fin du IIIe siècle, date de la destruction de Lutèce par les barbares, et ce n’est qu’en 1859, avec le percement de la rue Monge sous Napoléon III, que des vestiges furent redécouverts. A l’époque, il ne fallut pas moins que l’intervention de Victor Hugo pour qu’on poursuive les recherches, qu’on procède à la restauration progressive du monument et qu’on les classe finalement monument historique. Aujourd’hui, les arènes sont ouvertes gratuitement au public, elles s’animent plusieurs fois dans l’année en accueillant des manifestations culturelles et font le reste du temps la joie des promeneurs et des boulistes qui y organisent régulièrement des compétitions. Un lieu calme et familial, bien loin des combats de gladiateurs et d’animaux féroces d’autrefois.

Au vu des nombreux autocollants apposés sur la vitrine du restaurant, il est fort probable que vous ayez déjà entendu parler du Jardin des pâtes, rue Lacépède. Au fil des années, ce petit restaurant de quartier a acquis une belle réputation : celle d’un endroit agréable, à la décoration champêtre (on se croirait dans un jardin d’hiver), qui propose, à des prix raisonnables, de la nourriture bio. Certes, le choix sur la carte est assez réduit et ne varie que très rarement, mais les plats rivalisent d’originalité. Fabriquées chaque jour sur place avec de la farine biologique faite maison à base d’orge, de seigle, de sarrasin, de froment et même de châtaignes, les différents types de pâtes servis bénéficient chacun d’un accompagnement bien particulier : filet de canard, noix de muscade et champignons pour les pâtes de châtaignes ; jambon à l’os, oignons, courgettes, vin blanc et comté râpé pour les pâtes de seigle ; ou saumon frais, paillettes d’algues et poireaux fondus pour les pâtes d’orge. On est ici très loin des traditionnelles carbonara que servent à gogo les restaurateurs italiens alentour.

Le Jardin des Pâtes, 4, rue Lacépède, 5e. Ouvert tous les jours de 12 h à 14 h 30 et de 19 h à 23 h. Tél. : 01 43 31 50 71.

Notre coup de coeur. Impossible de ne pas s’attarder devant la vitrine de cette étrange librairie qui existe depuis presque six ans, mais qui a réellement développé un univers visuel et culturel il y a seulement deux ans. « Les illustrations sont le thème principal de la boutique, c’est un domaine assez vaste car on en trouve à la fois dans les livres d’enfants, dans la littérature classique illustrée et dans les livres d’art », nous explique Stéphane Schouflikir, l’un des deux gérants de cette échoppe qui s’envisage plus comme un cabinet de curiosités que comme une librairie spécialisée. Une fois entré, le visiteur ne sait plus où donner de la tête : l’endroit accueille, dans un bric-à-brac savamment orchestré, des sérigraphies, des gravures, des jouets, des sculptures et bien évidemment des livres anciens qui font le bonheur d’une clientèle composée principalement de collectionneurs. Stéphane Schouflikir : « On essaie vraiment de mélanger les styles en ayant toujours en tête ce fil conducteur des illustrations ; plusieurs époques cohabitent donc dans notre univers, en parfaite harmonie. D’ailleurs, nos ouvrages sont sélectionnés en fonction de la demande de la clientèle, mais surtout dans le but de proposer ce que l’on ne voit pas ailleurs. On essaye d’apporter quelque chose d’un peu orignal et curieux. » Mission amplement accomplie.
Librairie Michael Seksik, 8, rue Lacédèpe, 5e. Ouvert du lundi au samedi de 10 h à 19 h. Tél. : 01 43 43 53 53. http://www.librairiemichaelseksik.com.

D’accord, “musée”, c’est peut être un bien grand mot pour désigner cette maisonnette cachée au milieu d’une végétation abondante dans le square Capitan des arènes de Lutèce. La Maison des Oiseaux se veut surtout « un lieu de sensibilisation à la diversité de l’avifaune en milieu urbain », l’objectif étant de développer des actions qui préservent la biodiversité animale à Paris. Réservée en semaine aux scolaires qui viennent y découvrir les différentes espèces d’oiseaux et participer à des ateliers écologiques, la maison s’ouvre le samedi à tous les visiteurs. Tout, à l’intérieur de la maison qui dispose d’un auditorium, comme dans le jardin où sont installés des nichoirs et des abreuvoirs, y est ludique et pédagogique. Ceux que les mésanges bleues ou les faucons crécerelles n’intéressent vraiment pas pourront tout de même profiter du petit moment de quiétude qu’offre la terrasse toute de bois vêtue. Un petit bout de campagne en plein coeur de la ville.
La Maison des Oiseaux, accès par le square Capitan, 6, rue des Arènes, 5e. Ouvert le samedi de 13 h à 17 h de novembre à février, jusqu’à 17 h 30 en mars et octobre, et jusqu’à 18 h 30 d’avril à septembre, et ouverture ponctuelle au public suivant les événements.

En arrivant devant les grandes baies vitrées de cette “cave à thé” tenue par l’honorable Madame Tseng, on est immédiatement subjugué par son impressionnant décor de comptoir oriental. A vrai dire, l’endroit est tellement intimidant que l’on n’ose au début y pénétrer, sentiment renforcé par l’obligation de sonner à la porte pour que l’on vienne vous ouvrir. Une fois à l’intérieur, tout se déroule selon un cérémonial bien précis : vous choisissez le thé que vous souhaitez déguster parmi le millier de références de la maison et il est soigneusement préparé sous vos yeux avec la science de ceux qui savent. Ceux qui ont les moyens pourront repartir avec leur petite sélection, les autres devront se contenter de profiter quelques instants du (chic) voyage gustatif proposé.
Maison des Trois Thés, 1, rue Saint Médard, 5e. Tél. : 01 43 36 93 84. http://www.troisthes.com.

Des années que l’on passait devant en se demandant si elles rouvriraient un jour. Profitons donc de notre visite du quartier Monge pour faire un petit détour par le Jardin des Plantes, histoire d’admirer ses magnifiques serres fraîchement rénovées. Rouvertes le 6 juin dernier, elles ont demandé pas moins de six années de travaux pour redonner aux collections et aux impressionnantes structures de verre et de métal toute leur superbe. Quatre serres sont visitables : celles des forêts tropicales, des déserts, de Nouvelle- Calédonie, et enfin de l’histoire des plantes. Le tout constitue une sorte de voyage forcément dépaysant entre le Guatemala, l’Indonésie, Madagascar et l’Indochine. Si l’objectif est de « présenter les notions fondamentales de la botanique sans être ennuyeux », les serres permettent surtout aux chercheurs d’étudier la biodiversité mondiale tout en sensibilisant le grand public à son extrême fragilité. Le week-end, un conseil : arrivez tôt car depuis sa réouverture, le lieu ne désemplit pas.
Les grandes serres du Jardin des Plantes, 57, rue Cuvier, 5e. M° Censier-Daubenton. En été, ouvert de 10 h à 18 h, jusqu’à 18 h 30 le dimanche, et en hiver de 10 h à 17 h. Fermées le mardi.

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