Pourquoi?

juin 14, 2011

Tommy Hilfiger au flagship des Champs-Elysées

Filed under: tout ou rien — marcos @ 7:13
Tags: ,

Pour les adeptes de la fashion, le shopping est définitivement une fête. Mais si en prime, on vous propose de vous y adonner dans un lieu étonnant privatisé pour l’occasion, avec quelque rafraîchissement en main, du bon son dans les oreilles – ici, celui du DJ Soulist –, et qu’on vous fait en prime bénéficier de prix d’amis, les choses prennent encore une autre tournure. C’est à cela qu’ont eu droit ceux qui nous ont rejoints le mois dernier pour découvrir plus avant l’univers du créateur-star Tommy Hilfiger, qui définitivement fait beaucoup parler de lui ces derniers temps. Pour lui, d’emblée, l’actu chaude du moment, c’est son investissement pour faire comprendre et apprécier au plus grand nombre le style « preppy », qui est, en résumé, l’ADN de sa maison et qu’il décline depuis plus de 25 ans dans ses collections. Un style intemporel, chic et frais dont beaucoup sont au fil du temps devenus assez familiers sans pour autant connaître ses origines, pas plus que celle de son nom, inspiré des fameuses « preparatories schools » US, peuplées d’étudiants athlétiques, vêtus de vrais basiques à la fois légers, modernes et de bon ton. Pour expliquer l’histoire de ce style vestimentaire majeur, Tommy Hilfiger s’est associé à Lisa Birnbach, auteur de l’ouvrage « Preppy Hand Book », avec laquelle il donne actuellement nombre de conférences dans diverses capitales (tout en faisant simultanément voyager une petite maison « pop-up », qui en son intérieur, reprend les codes chers au genre). L’auteure peut ainsi, lors de ces prises de parole, apporter son expertise sans faille sur le sujet, mais aussi décrire avec beaucoup d’humour ce mouvement de mode qui depuis une poignée de décennies a su faire le tour du monde, en s’adaptant aux particularités de chaque pays : « Les preppys sont tous un peu les mêmes, qu’on les appelle « Sloane Rangers », ou « BCBG », ils mènent une vie active dominée par le sport et les voyages, adorent leurs parents, leurs clubs, leurs cocktails, mais surtout leurs chiens. » Tommy Hilfiger au flagship des Champs-Elysées Le 12 mai dernier, A Nous Paris organisait dans le nouveau flagship Tommy Hilfiger sur les Champs-Elysées une shopping party pour découvrir les incontournables, les nouveautés et les éditions collectors de la marque-culte born in the USA. Reste que tout cela ne pouvait suffire et qu’il fallait ensuite une véritable mise en pratique de toutes ces théories fashion. C’est évidemment chose faite avec une collection capsule née en ce printemps, « The Prep World », qui aligne chaussures bateaux, veste d’été, anorak à capuche… Bref, rien que des indispensables. Parallèlement, Tommy Hilfiger a aussi créé une collection de mocassins avec la très célèbre marque américaine Bass, et, comme il n’y a pas non plus que le preppy dans la vie, le styliste s’est une fois de plus investi cette année auprès de Breast Health International. Accompagné par l’actrice Renée Zellweger, il a lancé un sac à main dont les bénéfices des ventes sont reversés à cet organisme qui lutte contre le cancer du sein. Une illustration de plus de ce que ce peut être que d’avoir la classe http///fr.tommy.com.

mai 30, 2011

La rue Saint-Antoine, toute une histoire !

Filed under: tout ou rien — marcos @ 6:09
Tags:

Elle fait partie des larges artères du centre de Paris mais en fait, elle s’achève bien vite, la rue Saint-Antoine. Démarrant place de la Bastille, elle finit au métro Saint-Paul pour laisser la place à la rue de Rivoli. Dans ce quatrième arrondissement devenu bourgeois, on sort de l’agitation du 11ème pour retrouver celle du Marais. Un livre retraçant l’histoire de la rue vient de sortir, l’occasion de s’y plonger et de parcourir les adresses incontournables des gens du quartier.

Gavroche a usé ses pavés. Oui, oui. Sauf qu’à l’époque, vers 1832, la rue Saint Antoine avait un autre nom, celui du maire de Paris de l’époque, François Miron. C’est ici que le gamin de Paris aurait rencontré ses petits frères les Thénardier, ça, c’est Victor Hugo qui l’a écrit. La rue est très populaire, elle le sera jusqu’aux années 1960, où Charles de Gaulle, avec le ministre de la Culture de l’époque, l’écrivain André Malraux, décide d’entreprendre un grand plan de nettoyage de Paris. Les façades des monuments comme celles des immeubles sont encrassées et gigantesques, il faut leur redonner une nouvelle vie. Une nouvelle loi sur la copropriété va aussi tout chambouler. En effet, jusque-là, la plupart des immeubles parisiens appartenaient à un seul propriétaire qui mettait ses appartements en location. Avec cette loi, on peut désormais diviser les maisons en différents lots, ou vendre une seule chambre par exemple et, du coup, se retrouver avec plusieurs propriétaires. Conséquence, c’est à partir de cette époque que les prix de la pierre commencent à grimper à Paris et que l’aspect du quartier populaire de la rue Saint-Antoine change. On commence à revaloriser le coeur historique de Paris et le Marais. Les familles émigrées, installées pour la plupart depuis les années 20 comme les Polonais, les Tchèques ou les Italiens, et qui contribuent à la vie cosmopolite du quartier, doivent pour certains opter pour la banlieue, d’autant plus qu’on leur promet de grands logements flambant neufs avec les premiers programmes de HLM. C’est aussi dans les années 20 que les paysans de Montreuil, avec leurs charrettes à chevaux remplies de primeurs, passent par la rue Saint- Antoine avec leur chargement pour livrer les Halles. Ces scènes seront décrites dans l’un de ses livres par Georges Simenon, qui n’habitait pas loin, place des Vosges. L’historien Claude Dubois y a comme Gavroche usé ses souliers, ayant passé toute son enfance rue Saint-Antoine. Une grand-mère adorée chez qui il passait beaucoup de temps, puis ses années collège au lycée Charlemagne le marqueront à vie. D’ailleurs, le monsieur n’a toujours pas quitté le quartier aujourd’hui, preuve qu’il y est attaché. Pour lui, l’idée d’écrire sur l’histoire de cette rue en y mêlant ses souvenirs personnels est donc venue tout naturellement. « Je me souviens, dans les années 50, j’étais adolescent. J’aimais l’ambiance de l’automne dans cette rue. Il y avait plein de marchandes de quatre saisons en bottes fourrées et qui se réchauffaient comme elles pouvaient près d’un poêle. C’étaient des petites voitures chargées de fruits et de légumes, elles étaient là tous les matins, et puis à partir de 17 heures jusqu’au soir. Dans la rue, il y avait aussi plein de bouchers et de poissonniers, des grainetiers, des marchands de vin. Les bars étaient de vrais points de rendezvous. Tout se passait au comptoir, du coup, cela facilitait le dialogue entre gens du quartier. » Un autre souvenir, celui de sa cousine plus âgée, lui revient : en 1940, les réfugiés du nord de la France qui fuyaient la guerre à l’Est sont entrés dans Paris par la rue Saint-Antoine. A partir des années 70, celle-ci ne fera qu’embellir. La communauté homosexuelle s’installe à Saint-Paul et le quartier devient branché, concurrençant même les Halles. Aujourd’hui, l’artère est devenue une rue dédiée au shopping. Toutes les enseignes essentielles sont là : The Kooples, Bel Air, Princesse Tam Tam, Kookaï, Comptoir des Cotonniers… Et puis, il y a des adresses plus confidentielles que nous avons eu envie de découvrir. Bonne balade !

avril 4, 2011

Galeries Lafayette : la Parisienne

Filed under: tout ou rien — marcos @ 6:21
Tags: ,

Les Galeries Lafayette présentent actuellement une série d’événements autour d’une figure du style qui, depuis longtemps, fascine le monde entier : la Parisienne. L’occasion de se demander un peu ce qui fait d’elle un être tellement à part.

Sous la houlette d’Inès de la Fressange, chantre de l’élégance parisienne qu’on ne présente plus, le haut lieu de la capitale s’habille aux couleurs de celle que l’on dépeint tour à tour comme urbaine, bobo (oui, le mot s’utilise encore…), frondeuse, impertinente, râleuse, coquette, sophistiquée, gourmande, toujours chic : la Parisienne. C’est que le lien qui existe entre celle-ci et l’enseigne ne date pas d’hier. Car c’est en pensant à la femme du Paris haussmannien que Théophile Bader a décidé de fonder les Galeries Lafayette en 1893, en voulant mettre enfin la mode à la portée de toutes les élégantes potentielles qui naviguaient sur les Grands Boulevards ou aux alentours de l’Opéra. Et c’est probablement à cette période, appelée Belle Epoque, qu’est réellement né le mythe de l’habitante de “la plus belle ville du monde”, créature quasi divine au charme incomparable. Pour preuve, en 1900, à l’entrée de l’Exposition universelle, c’est une immense statue de Parisienne qui accueille les visiteurs. « Auréolée d’ampoules électriques, elle symbolise avec sa jupe étroite et son ample chapeau la ville phare de la mode, explique Florence Montreynaud, auteur du XXe siècle des femmes. Et de reprendre : « Point de mire du monde entier, la Parisienne est bien LA femme, du bout pointu de ses chaussures jusqu’au chapeau qui protège son teint du soleil. » Puis les décennies ont passé, et le mythe a réussi à perdurer. En démarrant l’écriture de leur petit guide intitulé Comment devenir une vraie Parisienne, best-seller depuis plus de dix ans, et donc fréquemment réactualisé, Irène et Hélène Lurçat s’étaient interrogées sur ce fameux idéal féminin. Menant l’enquête autour d’elles, et recueillant ainsi les impressions de stylistes, journalistes ou publicitaires, elles avaient découvert que le Top 3 des Parisiennes mythiques ne relevait pas d’un genre de femme spécifique. Au palmarès, donc, Arletty, Coco Chanel et Françoise Dorléac, soit point de grande révélation. De quoi se demander alors ce que signifie « être une vraie Parisienne » aujourd’hui.

« D’une manière qui n’est sans doute pas fortuite, nos interlocuteurs n’ont pas su répondre à cette question, si ce n’est en multipliant les traits de caractère parfois contradictoires, racontent les auteurs. La Parisienne a de l’esprit ; elle est élégante avec discrétion ; elle est cultivée, inconstante. Elle ne se laisse classer dans aucune catégorie. Elle aime la distance ironique. Elle contemple le reste du monde avec hauteur… » D’où une difficulté certaine, quand il s’agit de livrer un recueil de conseils pour en devenir une, tant tout cela semble devoir être quasi inné. Inès de la Fressange, récemment auteure d’un joli guide-carnet de tendances et d’adresses intitulé La Parisienne, rassure les possibles apprenties : « Il n’est pas nécessaire d’être née à Paris pour avoir le style de la Parisienne. J’en suis le meilleur exemple : je suis née à Saint-Tropez. Avoir l’attitude “made in Paris” est plus un état d’esprit. » Idem du côté de la chanteuse Dani, qui a sorti l’an passé un très bel album intitulé Le Paris de Dani. Estampillée parigote s’il en est, elle n’est pourtant arrivée ici qu’à l’âge de 19 ans. « Quand je suis venue de Perpignan à Paris, je suis allée tout voir : l’Arc de triomphe, la tour Eiffel, Le Louvre. Je suis allée partout, à pied, en métro, en bus. » Car la Parisienne se doit de connaître sa ville. Après, vraiment, tout est question d’aura. Ainsi, l’égérie du parfum “Parisienne à l’extrême” d’Yves Saint Laurent n’est-elle pas Kate Moss, pas vraiment du genre frenchie ? Reste, du coup, à suivre les leçons de style prodiguées par les divers experts.

Vous l’aurez compris, la recette miracle n’existe pas. Car, nous l’avons vu, il n’existe pas non plus de Parisienne type. Irène et Hélène Lurçat en dénombrent même des pelletées : la néo-bourgeoise rive gauche, l’intello hard, la branchée rive droite, la modeuse, la workaholic, la bio addict, la bébé fashion… L’idée est de créer son propre style, en piochant çà et là l’inspiration. Et ce, tout en respectant quelques règles correspondant au genre que l’on souhaite développer. C’est ce que proposent ainsi les Galeries Lafayette avec, jusqu’à la fin du mois, des vitrines consacrées aux différents quartiers de Paris (Montmartre, Beaubourg, Saint-Germain…), une mise en avant des pièces de mode iconiques parisiennes (la marinière, le trench, la chemise blanche, la petite robe noire…), et l’estampillage de vêtements et accessoires définitivement essentiels d’une cocarde “Approuvé par la Parisienne” apposée par Inès de la Fressange. Une habituée des Galeries puisqu’il y a plus de dix ans déjà, une rubrique du site internet du grand magasin lui était dédiée (sous le nom de “La Parisienne”, bien sûr). Plus étonnante, La Parisienne, roman, l’exposition de la Galerie des Galeries conçue par Sofia Achaval et Thibault de Montaigu, qui reconstitue l’appartement d’une femme à ce point chic que sa bande-son est concoctée par Bertrand Burgalat, ses oeuvres d’art dégotées par Catherine Millet, ses post-its et autres listes, griffonnées par Valérie Mréjen. De quoi trouver quelques idées, ou tout du moins respirer l’essence de la Parisienne rêvée. Si vous êtes une femme et que vous habitez la capitale, il est certain que vous aurez envie de jouer le jeu, ne serait-ce que pour comparer les choix proposés à ceux que vous avez déjà éprouvés. Et puis, pour celles qui manquent encore un peu d’assurance et n’évaluent pas bien leur potentiel de Parisienne accomplie, le mot de la fin revient à Inès de la Fressange : « Il suffit parfois de peu de chose pour obtenir un vrai style. En anglais, on l’appelle l’”effortless style”, le style sans effort. La condition requise ? Avoir confiance en soi… et sourire : tout passe toujours mieux quand on sourit ! »

mars 7, 2011

Idées de commerces à Paris

Filed under: tout ou rien — marcos @ 6:27
Tags:

Certains habitants de ce quartier du 16e arrondissement vous diront qu’on traverse encore toute la ville pour aller dans ses boutiques. Il y a de bonnes raisons de le faire : autour des franchises commerciales chic ou cheap de la rue de Passy, s’agrège un monde de commerçants pleins d’idées et de tempérament. Marché couvert de Passy Cette petite halle commerçante est constellée d’enseignes mignonnes : “Alain et Francine, au Petit Maraîcher”, “Les Galets d’Etretat”, “Au panier de Nicolas”… On trouve tout ce qu’il faut : boucher, charcutier, volailles, gibier, traiteur, fleuriste, droguiste. Pas donné, mais la qualité est fort belle. Tout au fond, la Poissonnerie de Passy mérite son excellente réputation : plusieurs étalages avec, en plus de beaux poissons bien frais, un astucieux comptoir de dégustation de fruits de mer. Sur une table et des chaises hautes, une touche chic pour douze Marennes d’Oléron (9,90 euros), des coques (8,90 euros le kilo), ou des oursins (27,90 euros le kilo), accompagnés du beaujolais ou du bourgogne sélectionnés par la maison (3 euros le verre). Le rayon traiteur n’est pas en reste, avec des produits du Danemark, des taramas poutargue, oursin, saumon fumé, du hareng en sauce moutarde… Juste à côté, un corner portugais déborde de générosité et de bonnes idées : chouricos (autour de 10 euros le kilo) et charcuteries à l’aspect rustique et réjouissant côtoient cochon et morue salés ou séchés. On peut même y acheter des vases aux motifs typiques bleus et blancs. Outre la grâce des jeunes Lusitaniennes qui vous servent, on respire un peu avec des prix plus modestes qu’alentour : l’huile d’olive est à moins de 7 euros, le fromage de brebis à 19,90 le kilo, un gros cache-pot en céramique à 13,50 euros. Juste à l’entrée de la halle, le fromager-affineur Androuet a ses petits secrets : une sélection de fromages anglais, qu’il conquiert auprès de la maison Paxton et Whitfield, fournisseur de la Reine d’Angleterre en personne ! Un superbe Red Leceister, genre de mimolette marbrée de bleu (37,95 euros le kilo), un Cheddar Montgomery au lait cru (36,55 le kilo), et le fameux Stilton, façon coeur crémeux (26,55 le pot) ou en Shropshire Blue… Tout autour, l’étalage de fromages bien français, fermiers au lait cru et chèvres affinés maison, titille les papilles d’un seul regard. Marché de Passy, 1, rue Bois Le Vent, 16e. Ouvert de 9 h à 13 h et de 16 h à 19 h, sauf dimanche après-midi et lundi. Elle Tricote Cette boutique choupinette qui célèbre le tricot version mode est en fait la franchise d’une enseigne strasbourgeoise depuis laquelle Danièle Dietrich imagine toutes les créations tricot que l’on trouve ici. Mais ici, c’est chez Florence et Joëlle, dames pleines de sympathie, toutes dé diées à leur belle collection de pelotes du Japon en fils de laine et de soie teints à la main, qui donnent naissance à des vêtements aux couleurs brunes et chamarrées de toute beauté (compter environ 20 euros de laine pour des mitaines, et jusqu’à 250 euros pour une veste mi-longue). On trouve aussi des laines anglaises magnifiques et luxueuses, de l’alpaga “La Petite Indienne”, et même de la laine de yak. Les ravissants manteaux, tuniques fashion, étoles crochet “baba chic”, gilets et robes pour enfants donnent envie de se jeter sur les kits du magasin. Si l’on ignore comment faire, on peut s’inscrire à des ateliers à 22 euros les deux heures, et tout apprendre. Il y a tout ce qu’il faut pour vous aider : de belles aiguilles en bois, une bibliothèque d’ouvrages en consultation, une bucolique fontaine couronnée de bambous, derrière la fenêtre, et la gentillesse des maîtresses de maison. 7, rue Duban, 16e. Ouvert le lundi de 14 h 30 à 18 h 30, du mar. au sam. de 10 h à 13 h 30 et de 14 h à 18 h 30. Tél. : 01 45 20 11 80. http://www.elletricote.com. Settebello, restaurant italien Il faut réserver cette chaleureuse table de gastronomie italienne où la cuisine à vue est un peu « comme un feu de cheminée, elle attire le regard », sans pourtant embaumer vos vêtements. Elle propose 34 jolis couverts sur des nappes vertes et rouges, du bois, une haute et centrale table (et chaises) d’hôte où l’on fera connaissance de nouveaux voisins, à moins que l’on vienne carrément à huit ou dix amis déguster les charcuteries sélectionnées par Marco Mazzolini, le patron du Frioul (assiette Affettato Misto, jusqu’à dix variétés différentes, 20 euros). Ici, tout est simple, avenant, soigné, parfumé, bon : les spaghettis Ricci au caviar d’oursin (25 euros en plat du jour) ou alla buzzara (aux langoustes, 24 euros), ou les simples tagliatelles au pesto à 15 euros. Ou encore un Vitello Tonato « terrible » à 24 euros, des calamars émincés sautés avec ail, oignon et chorizo… Pas d’espace de stockage, donc « tout arrive chaque matin ». Côté vin, de très belles choses de toutes les régions d’Italie, à partir de 32 euros la bouteille. Un lieu désirable. 9, rue Duban, 16e. Tél. : 01 42 88 10 15. Ouvert du lundi au samedi, fermé le samedi midi et le dimanche. Aux Merveilleux de Fred, pâtisserie Pour repérer cette pâtisserie façon conte de fées, ne vous cassez pas la tête : cherchez la file d’attente sur le trottoir. Ou bien venez au nez : les effluves fabuleusement appétissantes de la pâte sucrée et beurrée qui cuit à vue vous rendraient fou si vous n’y cédiez pas. Ouverte en novembre dernier, cette franchise d’une enseigne (et spécialité) lilloise offre un choix simple : le Merveilleux est un gâteau ravissant, coeur de meringue enrobé de crème fouettée au chocolat et roulé dans des copeaux de chocolat noir. L’Incroyable est la version aux spéculos de cette merveille, et l’Impensable, la variante café. Votre joli petit gâteau individuel, emballé dans un classieux carton blanc, coûte 2,85 euros, ou 12,80 pour quatre, 19,20 pour six et 25,60 pour huit. A moins que nous ne préfériez la Cramique, une généreuse et ferme brioche au sucre, raisin et chocolat (2,95 euros), ou les gaufres flamandes fourrées à la cassonade. Ces choses diaboliques sont fabriquées et servies par des jeunes filles angéliques, fort dignes de la réputation chaleureuse des gens du Nord. Ah, manger un Merveilleux et mourir… 29, rue de l’Annonciation, 16e. Ouvert du mar. au sam. de 10 h à 19 h, et le dimanche de 10 h à 13 h. Tél. : 01 45 20 13 82. Sevilla, tissus couture Monsieur Sevilla a repris le commerce de son père. Ici, depuis 1963, on trouve des milliers de mètres de tissus couture, haute couture, ou prêt-à-porter de luxe pour des prix défiant toute concurrence : de 18 à 45 euros le mètre ! Laines, soies, cotons, beaux lainages, et aussi synthétiques « pour les clientes qui aiment que ça se lave facilement ». Les coupons s’entassent, élégants, gais, colorés, unis, imprimés, fleuris, écossais, autour de cartons où l’on lit « Givenchy » ou « Marcel Guillemin », ancien fournisseur de grandes maisons (du coup, attention au suivi !). M. Sevilla traque les lots des grandes maisons, propose ses prix, déniche des trésors. Cette année, il s’est « bien débrouillé », dit-il l’air content, et l’offre vertigineuse de son petit magasin aux allures d’atelier en témoigne joyeusement. 38, rue de l’Annonciation, 16e. Ouvert le mar. de 9 h à 12 h 45 et du mer. au sam. de 9 h à 12 h 45 et de 15 h à 18 h 30, fermé dimanche et lundi. Tél. : 01 42 88 11 13. Opus 21, brocante et déco, et bien plus ! Chantal des Garets règne sur une bien belle boutique : pas trop chic, du genre qui vous intimide. Ici, on aura le même sentiment que dans le grenier d’une belle demeure de campagne, quand, soulevant un vieux drap, on découvre un jour le coffre en bois de ses rêves. De toutes parts, façon brocante, s’entreposent avec charme banquettes anciennes (à partir de 320 euros), lustres enchanteurs et lanternes à suspendre ou accrocher (à partir de 110 euros), petites tables (dès 250 euros), étagères anciennes, fantastiques miroirs, dont des “miroirs sorcière sorcière” (à partir de 50 euros), pieds de lampe en bois, ou à crémaillère… Et puis aussi de la vaisselle, verres, couverts, assiettes anciennes, ou quelques pièces plus classiques, un secrétaire à battants Louis Philippe, une table XIXe. On trouvera d’autres choses très séduisantes, contemporaines mais “à l’ancienne” : distributeurs de serviettes pop façon diner (16 euros), meuble à courrier en bois peint jaune PTT (105 euros), reproductions de jouets mécaniques en fer… En somme, des objets séduisants pour toutes les générations. Et puis du service. Car Chantal des Garets fait aussi pour vous, et de A à Z, des déménagements ou successions : conseil, recommandations, prestations (elle vous dit ce qui se vendra mieux chez elle ou en salle de ventes, ce qu’il faut donner, ou jeter, et s’en charge elle-même si vous n’avez pas le temps !). Bref, une adresse comme à la campagne, où tout est beau et bon. Achat, vente, dépôt-vente, antiquités, brocante et contemporain “façon ancienne”, 18 rue Duban, 16e. Ouvert du mar. au sam. de 11 h à 13 h et de 15 h 30 à 19 h, et sur rendez-vous. Tél. : 01 46 47 99 25 ou 06 09 41 45 86. Renov’ vêtements L’accueillante dame couturière qui tient cette petite boutique de retouches, ornée d’un grand meuble de bois sombre et magnifique, propose les services classiques avec « beaucoup de soin » : ourlet (de 15 à 30 euros), doublage de vêtement (de 40 euros pour une jupe, à 120 euros pour une veste d’homme), bas de manche (de 16 à 50 euros), et pose de coudes, changement d’élastique… Elle fabrique en outre, sur mesure, des jupes pour dame. Et a trouvé une astuce pour se livrer aux bavardages inhérents à sa profession et à sa personnalité : « Une chaise à côté de ma machine à coudre : si l’un de mes clients a envie de parler, je l’y assois, et l’on peut échanger les cancans du quartier ! » 4 rue Duban, 16e. Ouvert du mardi au samedi de 9 h 30 à 19 h (le mer. jusqu’à 18 h).

février 14, 2011

Le Palace, toujours un phare dans la nuit ?

Filed under: tout ou rien — marcos @ 5:42
Tags: , ,

Ancien temple de la nuit parisienne dans les années 80, le mythique Palace fut aussi un haut lieu de la culture rock en France. Rouvert il y a trois ans, peut-il redevenir une place forte de la scène musicale underground parisienne ? Les paris sont lancés…

Lundi 7 février 2011, 21 heures. Une centaine de personnes à l’enthousiasme poli s’agglutinent dans la rue du Faubourg Montmartre. Dans quelques minutes, Daniel Darc, l’ex-chanteur de l’emblématique groupe new wave français Taxi Girl, désormais en solo, va faire sa réapparition sur une scène parisienne. Et le lieu qu’il a choisi n’est sûrement pas dû au seul hasard. Le Palace, Daniel Darc, Mirwais Ahmadzaï, Laurent Sinclair et Pierre Wolfsohn y avaient gravé leur empreinte de rockeurs romantiques et sulfureux en 1979, à l’occasion d’un concert chaotique en première partie des Talking Heads, au cours duquel le chanteur s’était ouvert les veines pour réveiller un public apathique. Plus de trente ans après, tout le monde semble s’être assagi. La prestation musicale limpide et intimiste de Darc devant un public chauffé à blanc par sa générosité et ses émotions brutes livrées sans fard (enthousiasme non feint et humour maladroit qui finissent définitivement par nous mettre la larme à l’oeil) nous laisse sous le charme. En quittant les lieux, une question semble suspendue à toutes les lèvres : et si le Palace était redevenu cette antique Mecque d’un art original, ambitieux et authentique ? Depuis sa réouverture en 2008 sous le haut patronage des frères Vardar, une douce vague brassant nostalgie et espoirs les plus fous colle aux basques de ce Palace “nouvelle version”, dont les légendes se font, se défont et renaissent de plus belle. « Roland Barthes avait donné son explication sur la fascination qu’exerce depuis longtemps le Palace », nous explique Benoît Sabatier, journaliste, écrivain et observateur attentif des mutations de la nuit parisienne. « Le Palace n’est pas une “boîte” comme les autres : il rassemble dans un lieu original des plaisirs ordinairement dispersés : celui du théâtre comme édifice amoureusement préservé, la jouissance de la vue ; l’excitation du Moderne, l’exploration de sensations visuelles neuves, dues à des techniques nouvelles ; la joie de la danse, le choix de rencontres possibles… Tout un dispositif de sensations destiné à rendre des gens heureux, le temps d’une nuit. Le nouveau, c’est cette impression de synthèse, de totalité, de complexité : je suis dans un lieu qui se suffit à lui-même. »

Le Palace reste un temple des plaisirs unique dans l’histoire culturelle de Paris. D’abord salle de music-hall à sa création en 1923, cinéma en 1946 puis théâtre de 1975 à 1978, cet endroit aux cent visages a écrit les plus belles et les plus sauvages pages de son histoire à l’orée des années 80, lorsqu’il entama sa mue prophétique en haut lieu de la nuit parisienne. Une oasis flamboyante où mondains internationaux, stars du showbusiness, grands de ce monde et noctambules aguerris recréaient tous les soirs un univers parallèle à la mesure de leurs fantasmes. Oui, c’était le bon vieux temps vous diront les plus anciens, une sidérante époque sur laquelle soufflait un incroyable vent de liberté. Un âge d’or qui perdura jusqu’en 1983 grâce à la personnalité unique et aux visions géniales de Fabrice Emaer, sémillant maître des lieux, qui imprégna l’endroit de ses menées utopiques et de sa fibre esthétique. Si aujourd’hui encore le Palace personnifie comme aucun autre endroit en France la célébration cathartique et l’exubérance, il fut aussi – voire surtout – le terrain privilégié des expérimentations et démonstrations artistiques les plus osées. Sa légende, étroitement liée aux mouvements musicaux underground de la fin des années 70 et du début des années 80, fut alimentée par la multitude de musiciens et groupes qui s’y produisirent. « C’était un savoureux mélange d’artistes qui voulaient redonner une place fondamentale à la musique. Blondie, Robert Palmer, Elliott Murphy, Robert Fripp, Tom Waits, Mink DeVille, Johnny Winter y donnèrent leurs premiers concerts parisiens. La programmation était éclectique. Ça allait de Bette Midler à Etta James, Esther Phillips, Natalie Cole ou encore, le 25 juin 1978, Dillinger, en présence de la star Bob Marley. On y a vu également les Talking Heads, Siouxsie & The Banshees, Prince, les B-52’s, Iggy Pop, les Cars, Sparks, Bow Wow Wow, UB40, Spandau Ballet, U2… A côté de ces concerts, tous les rockers et stars de la pop de passage à Paris se rendaient au Palace, de Keith Richards à Gary Numan, de Mick Jones à Visage, en passant par Klaus Nomi », nous rappelle Benoît Sabatier.

Mais le passé est le passé… Aujourd’hui une telle volonté de poser les jalons d’une vraie révolution underground n’est pas à l’ordre du jour pour les nouveaux propriétaires. « Notre ligne de programmation est basée sur l’humour et les artistes de one-man show. Nous ne connaissions rien des “années Palace” avant de reprendre la direction du lieu. Heureusement, d’ailleurs, sinon je pense qu’on aurait eu trop peur », explique Hazis Vardar, le directeur. Une fin de non-recevoir que confirme notre confrère journaliste : « Le Palace était synonyme de branchitude. A l’époque, les branchés étaient des marginaux. Je n’ai pas l’impression que le Palace du XXIe siècle ait une programmation qui favorise le “nouveau” ou l’“alternatif”, puisque n’y ont toujours pas été invités de nouveaux artistes comme Aladdin, Paris, Alexandre Chatelard, Yann Wagner, Service, Young Michelin, Koudlam, Bon Voyage, Catholic Spray, Apollo, Mustang, Mohini, Sydney Valette, bref le meilleur du “made in France” contemporain… L’orientation choisie, Christophe ou Daniel Darc, me semble correspondre aux voeux des programmateurs : faire du Palace un lieu ni plus ni moins comme la Cigale, avec une caution plus chic. Reste que le concert de Christophe était du tonnerre. » Le chemin semble encore long avant qu’une nouvelle génération de musiciens français investisse le Palace, sur les pas de leurs glorieux aînés… A croire que nous n’avons pas fini d’entendre que c’était vraiment mieux avant.

décembre 6, 2010

My Fair Lady, la comédie musicale

Filed under: tout ou rien — marcos @ 6:05
Tags: , , ,

Héroïne de Broadway, de Londres et d’Hollywood, Eliza Dootlitte pose, ce Noël, ses valises à Paris. Le Châtelet sera-t-il à la hauteur de My Fair Lady, mythique comédie musicale ? Quelques indices, en coulisses du show…
Jean-Luc Choplin, directeur du théâtre du Châtelet, se frotte les mains, et, une lueur espiègle dans les yeux, il raconte : « Quand Cameron Mackintosh (l’un des producteurs de comédies musicales britanniques les plus importants, à qui l’on doit Cats, The Phantom of the Opera, ou Les Misérables, ndlr) a vu ma distribution de My Fair Lady, il a dit : “C’est la dream team ! Une telle qualité de distribution, c’est inégalé !” J’ai même eu le sentiment qu’il était un peu jaloux. » Jean-Luc Choplin s’est imposé, à travers ses cinq saisons à la tête du théâtre, comme le champion du décloisonnement entre les genres : opéra tiré de film (La Mouche, de Cronenberg), opérette déjantée (Le Chanteur de Mexico avec Clotilde Courau), opéra contemporain pointu mâtiné de reality show (Pastorale, de Gérard Pesson) et, souvent pour Noël, une comédie musicale de Broadway, mythique, et où se rencontrent là aussi, tradition populaire anglo-saxonne et beaux chanteurs lyriques. My Fair Lady est considéré par beaucoup comme la comédie musicale parfaite : d’abord, elle est issue d’une pièce classique, Pygmalion, de George Bernard Shaw, elle-même inspirée d’un mythe grec. Et, fait rare, l’adaptation musicale a conservé une très grande partie du texte de Shaw, entre des chansons inoubliables. L’histoire d’Eliza Doolittle, pauvre vendeuse d’oeillets, qui prend son destin en main en demandant au riche professeur Higgins de lui apprendre à bien parler et le pari dudit professeur de la transformer en dame de la haute société constituent à la fois une fine critique du rigide système des classes sociales britannique et un formidable récit d’apprentissage. Et puis il y a l’Histoire : Julie Andrews faisant un tabac à Broadway, et Audrey Hepburn immortalisant à jamais le rôle d’Eliza pour Hollywood. « Quand je suis arrivé à la tête du Châtelet, le public connaissait surtout les comédies musicales à la française, peu celles de Broadway que je programme. My Fair Lady est la plus belle, comme un opéra, avec sa profondeur, sa complexité. Il fallait préparer le terrain. D’abord Candide, de Bernstein, en 2006, et puis West Side Story, On the Town et, l’année dernière, The Sound of Music (La Mélodie du Bonheur), qui a fait l’unanimité du public et de la presse, ce qui est rare et surprenant. »

Pour assurer une continuité dans la qualité (et le succès bien sûr), Choplin a donc encore traqué les meilleurs ingrédients. Cela commence par Robert Carsen, metteur en scène d’opéra, théâtre et musicals fameux et raffiné qui s’est à son tour mobilisé pour s’entourer d’exception. Dramaturgie, lumières, décors et chorégraphies ont été confiés aux meilleurs dans leur partie. Un exemple? Anthony Powell, créateur de costumes oscarisé par trois fois et chéri aussi bien par Spielberg que Polanski. Idem pour les comédiens : peu connus en France, ils sont pourtant la crème de la scène britannique, comédie, opéra, et comédie musicale confondues. Le rôle d’Eliza est peut-être l’un des meilleurs rôles de femme à jouer, selon Carsen, car « il faut parcourir une grande distance entre les débuts, dans un accent cockney très dur, et la fin, où elle doit faire chanter un anglais très complet. » La jeune première, Sarah Gabriel (qui jouera le rôle en alternance avec Christine Arand), chanteuse lyrique, a été choisie par surprise, parmi 60 distinguées candidates. On comprend la « jalousie » du producteur Mackintosh. Sauf qu’il n’est pas si aisé de passer après le film culte de George Cukor, l’interprétation inoubliable d’Audrey Hepburn, les costumes extraordinaires de Cecil Beaton… Anthony Powell, 75 ans, en a été l’assistant, bien avant My Fair Lady. « C’était un génie. Sur le film, il a fait un travail tellement extraordinaire qu’il m’arrive d’entendre des gens dire que c’était un film sur les chapeaux ! En réalité, les chansons sont magnifiques et pleines d’esprit, et la pièce de Shaw parle de gens qui, en interagissant, grandissent et se découvrent. Beaucoup de choses avaient été coupées du film, qui seront présentes dans cette mise en scène. Les gens pourront voir la pièce comme elle est. »

Lorsque Robert Carsen, au tout début, lui fait part de son désir de déplacer l’intrigue dans le temps, Powell suggère 1930 (au lieu de 1914). « C’est une période très élégante, et la dernière qui représente les valeurs à l’ancienne. Dès 1935, les choses et les vêtements ont commencé à avoir une allure que l’on pourrait adopter aujourd’hui sans que ça choque. » Ce qui arrange Carsen : « l’avant-Seconde Guerre mondiale est une époque d’injustice politique et sexuelle, or Shaw est un défenseur des droits de la femme. Et puis, c’est une Angleterre qui a ensuite disparu. Avoir un accent “cockney” (typique de la classe ouvrière londonienne, ndlr) comme Eliza au début de la pièce était discriminant : elle ne pouvait pas être embauchée dans un vrai magasin de fleurs. Aujourd’hui, en Angleterre, les gens les plus célèbres, comme Lily Allen, ce sont justement les cockneys ! » Quant au sens de la pièce, Carsen a voulu, là encore, souligner sa vision. « C’est très curieux : dès la sortie de la pièce de théâtre, en 1914, Shaw a dû écrire deux articles pour justifier la fin de la relation entre Higgins et Eliza. » Le public s’était immédiatement approprié la pièce, et demandait un happy end. Ils finissent par l’obtenir en 1964, avec le film de George Cukor. Mais il affadit « ce que j’aime dans la pièce originale, admet Carsen : une femme qui prend sa vie en main ». Une promesse de satisfaire aussi bien les romantiques que les militants ? Pour ce qui est de faire du très beau, il fallait être collégial. Anthony Powell a imaginé 300 costumes simples et élégants , qui brilleront dans l’écrin d’un décor clair. Une surprise, voulue elle aussi par Carsen pour qui Londres est une ville lumineuse, loin des représentations obscures et touffues que l’on a souvent de son début de siècle. « Le plus surprenant, conclut Robert Carsen, c’est que j’ai commencé à travailler en pensant connaître la pièce. De fait, je connaissais les chansons par coeur. Mais je la redécouvre. Il y a quelque chose de miraculeux dans tout cela : une pièce sur l’élocution, ça ne devrait pas marcher ! Je suis chaque jour étonné par la qualité de la musique, des paroles. My Fair Lady est une sorte de chose parfaite, et sans aucun cynisme. Aujourd’hui, on essaie souvent de manipuler les sentiments du public avec des énormes machines. Là, la qualité vient surtout d’un vrai amour pour le genre, beaucoup de plaisir, et une écriture merveilleuse. ».

novembre 8, 2010

Le quartier Monge et l’histoire de Paris

Filed under: tout ou rien — marcos @ 8:03
Tags: ,

C’est un quartier paisible niché entre le village Mouffetard, le Jardin des Plantes, la Grande Mosquée et l’effervescente université de Jussieu, où les bonnes adresses sont légion. Rendez-vous sur sa célèbre place pour une petite visite guidée qui nous mènera jusqu’aux fameuses arènes de Lutèce, l’un des derniers vestiges parisiens de l’époque gallo-romaine.

Le quartier Monge constitue une carte de visite idéale pour qui souhaite découvrir les attraits du cinquième arrondissement, l’une des parties les plus anciennes de la capitale. On y trouve à petite échelle tout ce qui en fait le charme : un enchevêtrement de vestiges gallo-romains ou médiévaux et de constructions modernes, un mélange bigarré de jardins paisibles, placettes retirées et ruelles animées à la nuit tombée, une population hétéroclite d’étudiants, de riverains fidèles et de touristes venus admirer un fragment de ce fameux Quartier latin qui fait tant fantasmer les étrangers. « Les rues du cinquième arrondissement reflètent en grande partie sa dimension historique, universitaire et scientifique », explique Anna Radwan dans son passionnant Mémoire des rues paru aux éditions Parimagine. « Depuis les travaux entrepris par Haussmann, au milieu du XIXe siècle, qui donnèrent beaucoup plus d’espace au quartier […], les nouvelles voies furent souvent nommées en l’honneur des scientifiques du Jardin des Plantes, des professeurs d’université ou des philosophes : Jussieu, Geoffroy Saint-Hilaire, Claude Bernard, Descartes… » Ainsi, la rue Monge doit son nom à Gaspard Monge, un brillant géomètre français à l’origine de la construction de l’Ecole polytechnique. Tracée entre 1859 et 1869 par Théodore Vacquer – considéré par beaucoup comme le fondateur de l’archéologie parisienne –, elle relie l’avenue des Gobelins à la place Maubert et a notamment permis de révéler au grand jour les premières traces des fameuses arènes de Lutèce, du haut desquelles vingt siècles nous contemplent.

Si l’on vous parle du plus vieux quartier de Paris, c’est qu’à quelques mètres de la place Monge se dressait autrefois la montagne Saint-Geneviève, autour de laquelle s’est construite la Lutèce gallo-romaine. L’origine du quartier remonte à la victoire des Romains, en 52 avant J.-C., sur les Parisii, une peuplade gauloise alors implantée sur le site. La Lutèce de l’époque n’est pas Rome, c’est une petite capitale de province avec son forum, son théâtre, son amphithéâtre à scène et ses trois établissements de bains, raconte l’historien Alexandre Gady dans son ouvrage consacré au Quartier latin. De cette époque ne restent plus que les thermes de Cluny, que l’on peut visiter par le biais du Musée national du Moyen Age, et une importante partie des arènes. Construites à la fin du Ier siècle après J.-C., elles pouvaient accueillir plus de 15 000 visiteurs qui se pressaient alors pour assister aux fameux jeux du cirque ou à des représentations théâtrales. Elles restèrent en activité jusqu’à la fin du IIIe siècle, date de la destruction de Lutèce par les barbares, et ce n’est qu’en 1859, avec le percement de la rue Monge sous Napoléon III, que des vestiges furent redécouverts. A l’époque, il ne fallut pas moins que l’intervention de Victor Hugo pour qu’on poursuive les recherches, qu’on procède à la restauration progressive du monument et qu’on les classe finalement monument historique. Aujourd’hui, les arènes sont ouvertes gratuitement au public, elles s’animent plusieurs fois dans l’année en accueillant des manifestations culturelles et font le reste du temps la joie des promeneurs et des boulistes qui y organisent régulièrement des compétitions. Un lieu calme et familial, bien loin des combats de gladiateurs et d’animaux féroces d’autrefois.

Au vu des nombreux autocollants apposés sur la vitrine du restaurant, il est fort probable que vous ayez déjà entendu parler du Jardin des pâtes, rue Lacépède. Au fil des années, ce petit restaurant de quartier a acquis une belle réputation : celle d’un endroit agréable, à la décoration champêtre (on se croirait dans un jardin d’hiver), qui propose, à des prix raisonnables, de la nourriture bio. Certes, le choix sur la carte est assez réduit et ne varie que très rarement, mais les plats rivalisent d’originalité. Fabriquées chaque jour sur place avec de la farine biologique faite maison à base d’orge, de seigle, de sarrasin, de froment et même de châtaignes, les différents types de pâtes servis bénéficient chacun d’un accompagnement bien particulier : filet de canard, noix de muscade et champignons pour les pâtes de châtaignes ; jambon à l’os, oignons, courgettes, vin blanc et comté râpé pour les pâtes de seigle ; ou saumon frais, paillettes d’algues et poireaux fondus pour les pâtes d’orge. On est ici très loin des traditionnelles carbonara que servent à gogo les restaurateurs italiens alentour.

Le Jardin des Pâtes, 4, rue Lacépède, 5e. Ouvert tous les jours de 12 h à 14 h 30 et de 19 h à 23 h. Tél. : 01 43 31 50 71.

Notre coup de coeur. Impossible de ne pas s’attarder devant la vitrine de cette étrange librairie qui existe depuis presque six ans, mais qui a réellement développé un univers visuel et culturel il y a seulement deux ans. « Les illustrations sont le thème principal de la boutique, c’est un domaine assez vaste car on en trouve à la fois dans les livres d’enfants, dans la littérature classique illustrée et dans les livres d’art », nous explique Stéphane Schouflikir, l’un des deux gérants de cette échoppe qui s’envisage plus comme un cabinet de curiosités que comme une librairie spécialisée. Une fois entré, le visiteur ne sait plus où donner de la tête : l’endroit accueille, dans un bric-à-brac savamment orchestré, des sérigraphies, des gravures, des jouets, des sculptures et bien évidemment des livres anciens qui font le bonheur d’une clientèle composée principalement de collectionneurs. Stéphane Schouflikir : « On essaie vraiment de mélanger les styles en ayant toujours en tête ce fil conducteur des illustrations ; plusieurs époques cohabitent donc dans notre univers, en parfaite harmonie. D’ailleurs, nos ouvrages sont sélectionnés en fonction de la demande de la clientèle, mais surtout dans le but de proposer ce que l’on ne voit pas ailleurs. On essaye d’apporter quelque chose d’un peu orignal et curieux. » Mission amplement accomplie.
Librairie Michael Seksik, 8, rue Lacédèpe, 5e. Ouvert du lundi au samedi de 10 h à 19 h. Tél. : 01 43 43 53 53. http://www.librairiemichaelseksik.com.

D’accord, “musée”, c’est peut être un bien grand mot pour désigner cette maisonnette cachée au milieu d’une végétation abondante dans le square Capitan des arènes de Lutèce. La Maison des Oiseaux se veut surtout « un lieu de sensibilisation à la diversité de l’avifaune en milieu urbain », l’objectif étant de développer des actions qui préservent la biodiversité animale à Paris. Réservée en semaine aux scolaires qui viennent y découvrir les différentes espèces d’oiseaux et participer à des ateliers écologiques, la maison s’ouvre le samedi à tous les visiteurs. Tout, à l’intérieur de la maison qui dispose d’un auditorium, comme dans le jardin où sont installés des nichoirs et des abreuvoirs, y est ludique et pédagogique. Ceux que les mésanges bleues ou les faucons crécerelles n’intéressent vraiment pas pourront tout de même profiter du petit moment de quiétude qu’offre la terrasse toute de bois vêtue. Un petit bout de campagne en plein coeur de la ville.
La Maison des Oiseaux, accès par le square Capitan, 6, rue des Arènes, 5e. Ouvert le samedi de 13 h à 17 h de novembre à février, jusqu’à 17 h 30 en mars et octobre, et jusqu’à 18 h 30 d’avril à septembre, et ouverture ponctuelle au public suivant les événements.

En arrivant devant les grandes baies vitrées de cette “cave à thé” tenue par l’honorable Madame Tseng, on est immédiatement subjugué par son impressionnant décor de comptoir oriental. A vrai dire, l’endroit est tellement intimidant que l’on n’ose au début y pénétrer, sentiment renforcé par l’obligation de sonner à la porte pour que l’on vienne vous ouvrir. Une fois à l’intérieur, tout se déroule selon un cérémonial bien précis : vous choisissez le thé que vous souhaitez déguster parmi le millier de références de la maison et il est soigneusement préparé sous vos yeux avec la science de ceux qui savent. Ceux qui ont les moyens pourront repartir avec leur petite sélection, les autres devront se contenter de profiter quelques instants du (chic) voyage gustatif proposé.
Maison des Trois Thés, 1, rue Saint Médard, 5e. Tél. : 01 43 36 93 84. http://www.troisthes.com.

Des années que l’on passait devant en se demandant si elles rouvriraient un jour. Profitons donc de notre visite du quartier Monge pour faire un petit détour par le Jardin des Plantes, histoire d’admirer ses magnifiques serres fraîchement rénovées. Rouvertes le 6 juin dernier, elles ont demandé pas moins de six années de travaux pour redonner aux collections et aux impressionnantes structures de verre et de métal toute leur superbe. Quatre serres sont visitables : celles des forêts tropicales, des déserts, de Nouvelle- Calédonie, et enfin de l’histoire des plantes. Le tout constitue une sorte de voyage forcément dépaysant entre le Guatemala, l’Indonésie, Madagascar et l’Indochine. Si l’objectif est de « présenter les notions fondamentales de la botanique sans être ennuyeux », les serres permettent surtout aux chercheurs d’étudier la biodiversité mondiale tout en sensibilisant le grand public à son extrême fragilité. Le week-end, un conseil : arrivez tôt car depuis sa réouverture, le lieu ne désemplit pas.
Les grandes serres du Jardin des Plantes, 57, rue Cuvier, 5e. M° Censier-Daubenton. En été, ouvert de 10 h à 18 h, jusqu’à 18 h 30 le dimanche, et en hiver de 10 h à 17 h. Fermées le mardi.

octobre 23, 2010

Visiter la Gare de Lyon à Paris

Filed under: tout ou rien — marcos @ 4:38
Tags: , ,

Studio de radio, plate-forme logistique géante, restaurant gastronomique… La gare de Lyon regroupe toute une série de lieux stratégiques et insolites. Visite guidée.

Le Train Bleu
La beauté des lieux laisse pantois. Dans cette enfilade grandiose de salles, tout n’est que dorures et tradition. Les plafonds ouvragés culminent à 8 mètres de hauteur, les luminaires en bronze brillent de tous leurs feux et valorisent le mobilier en acajou massif. Aux murs, les fresques géantes représentent les villes desservies autrefois par la Compagnie des chemins de fer de Paris à Lyon et à la Méditerranée (PLM). Le passé semble comme figé, l’atmosphère Belle Epoque est préservée. La carte propose toujours, comme aux premiers jours, le célèbre gigot tranché sous vos yeux, les rognons de veau à la Baugé ou le foie gras de canard cuit maison. Chaque jour, 7 jours sur 7, près de 600 repas sont servis. La clientèle est composée pour 70 % de non-voyageurs. « Les clients viennent pour le spectacle mais aussi pour une cuisine roborative de qualité », indique Bruno Manciaux, responsable de l’établissement, tombé, en 1998, dans l’escarcelle de la multinationale britannique SSP. Le restaurant emploie 120 collaborateurs, dont 65 en cuisine. Depuis six ans, le chef Jean-Pierre Hoquet y règne en maître. « Le défi, c’est d’allier quantité et qualité, résume-t-il. Ce midi, par exemple, il a fallu servir 250 repas en une heure dix. » D’où la priorité donnée à l’efficacité, aux produits frais et de saison et au respect de la tradition… même si un menu bio est à l’étude. L’ancien Buffet de la gare a été rebaptisé Train bleu en 1963, en l’honneur des Paris-Vintimille. Classé aux monuments historiques par André Malraux en 1972, ce lieu mythique a accueilli les plus grands (Coco Chanel, Jean Cocteau, Jean Gabin, Brigitte Bardot…). Nicolas Sarkozy y est parfois venu avaler une omelette. François Mitterrand était un familier des lieux, tout comme le couple Chirac… « L’endroit est suffisamment grand pour préserver l’intimité des personnalités », poursuit Bruno Manciaux. Le prix aussi, sans doute, puisque l’addition moyenne avoisine les 70 € par couvert.

La Tour de l’horloge
Emblème de la gare, le campanile construit en 1902 par l’architecte Marius Toudoire s’élève majestueusement à 67 mètres de hauteur. Son immense horloge célèbre l’heure ferroviaire, à l’origine de l’harmonisation des calculs du temps en fuseaux horaires. Comment imaginer, en les observant du parvis, que la grande aiguille mesure 4 mètres et la petite, 2,80 mètres ! L’heure est donnée par radiopilotage depuis la Maison de la radio et les célèbres “tops horaires” de France Inter. De nuit, le cadran est éclairé de l’intérieur par un discret jeu de néons. La tour de l’Horloge, surmontée d’un joli dôme en zinc, a malheureusement perdu ses quatre statues d’angle monumentales (4,5 mètres), sculptées par l’artiste italien Fabio Stecchi. La façade principale de la gare dispose toujours, elle, de ses statues de femmes dénudées, allégories de l’industrie, de la vapeur, de la mécanique et de l’électricité…

La salle des fresques
Ici, le plus souvent, le voyageur pressé file droit devant lui, sans lever le nez. Dommage ! La salle des pas perdus a été décorée, en 1903, d’une enfilade de fresques étonnantes inscrites à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques. Chacune illustre une ville française à la manière d’une affiche publicitaire d’autrefois. Très mal mises en valeur – et entretenues – ces toiles marouflées (c’est-à-dire collées au mur) et peintes à l’huile avaient pour but d’inviter à la rêverie et au voyage. Surprise ! Des voitures et des personnages contemporains apparaissent sur les représentations les plus proches des quais. La raison de cet anachronisme ? Dix nouvelles images ont été peintes dans les années 1980, lorsqu’il a fallu allonger les guichets de vente. Tout en imitant le graphisme ancien, l’artiste a tenu à ajouter une touche de modernité.

Le Centre opérationnel d’exploitation
C’est la “tour de contrôle” de la gare grandes lignes. Situé au-dessus de la salle des Fresques, le centre opérationnel d’exploitation est l’endroit stratégique par excellence. Toutes les informations (retards, accidents, pannes…) y convergent. Il revient au chef d’escale de prendre les bonnes décisions pour une exploitation optimale des moyens. Autour de lui, les agents s’affairent devant des écrans colorés. Certains assurent le lien avec le poste d’aiguillage ; d’autres diffusent l’information dans la gare ou sur les quais… Les consignes fusent, dans un sabir cheminot incompréhensible pour le profane. A500 mètres de là, au 16 de la rue Chrétien-de-Troyes, la ligne D du RER dispose de son propre centre opérationnel. La tension y est palpable. Car ce trajet de 160 kilomètres a longtemps été le cauchemar de la SNCF. Aux heures de pointe, il faut compter 16 trains par heure sur sa partie la plus fréquentée. Un rythme effréné d’un convoi toutes les trois minutes quarante-cinq qui ne laisse pas la place au moindre incident… Or le trafic ne cesse de croître (plus 40 % en huit ans). « Pour désaturer la ligne et absorber 50 % de trafic en plus, il faudrait investir 1 milliard d’euros », estime Alain Krakovitch, directeur du RER D. Et cela sans même parler du doublement pourtant nécessaire du tunnel Châtelet – Gare-du-Nord, partagé avec le RER B – le plus fréquenté du monde. Surprise ! Un studio de radio flambant neuf a été installé juste à côté du centre opérationnel. Toutes les sept minutes, un journaliste informe de l’état du trafic. Une information puisée à la meilleure source, diffusée dans toutes les gares de la ligne et sur Internet (www.transilien.com). Avec une consigne : ne jamais prononcer le mot… “retard”.

août 3, 2010

Galeries à Paris

Filed under: tout ou rien — marcos @ 8:29
Tags: , ,

Alors que le salon “Paris Photo” a battu un record d’affluence et que les tirages des
maîtres atteignent des sommets, le marché se démocratise entre percée de la photo
anonyme, du photojournalisme et galeries en ligne… Rendez-vous chez quatre galeristes, qui nous donnent leurs conseils avisés pour collectionner et accrocher.

Depuis cinq ans, je n’encadre plus que de la photo ! », sourit Karine Eberlin, l’encadreuse de la galerie Agathe Gaillard qui voit défiler entre ses mains des oeuvres de Richard Avedon comme les derniers travaux des pensionnaires de la Villa Médicis. Intime et universelle, la photographie s’est invitée, façon tsunami, dans nos intérieurs, comme un nouvel acteur de la décoration. « Facile à comprendre, à associer, c’est le support de notre temps, explique l’architecte d’intérieur Patrick Gilles du cabinet Gilles & Boissier, tout le monde en a fait dans sa vie, cet art possède un côté populaire qui rassure les gens, en noir et blanc, même si c’est très abstrait, c’est tout de suite chic, élégant ! » Les deux prochains restaurants du cabinet, La Villa (déjà ouvert) et le Mini- Palais ont choisi l’option photo, de John Stewart pour le premier, reproduite sur toile et retravaillée pour le second. Qu’elles participent à la théâtralisation des lieux façon archi d’intérieur ou d’un effet de mode, les photos se sont glissées dans le décor et ne le quittent plus. Quatre galeristes, quatre lignes artistiques, décryptent cet engouement et racontent leurs choix.

Galerie Wanted – Laurent de Sailly
L’actualité de Wanted, c’est l’ouverture d’une nouvelle et grande galerie rue du Roi-de-Sicile, mais elle conserve l’ancien atelier de la rue Cité Dupetit-Thouars pour des expositions monographiques. Les origines : ancien agent de photographes, Laurent de Sailly a voulu démocratiser la photographie il y a huit ans, vendre les tirages de ceux qu’il représentait comme de ceux qu’il aimait, dans une galerie et sur Internet. Aujourd’hui le catalogue Wanted, c’est près de sept cents oeuvres pour quatre-vingts artistes. On trouve donc des séries limitées de Martin Parr comme des images tirées à cinquante exemplaires. Attirée par les photographies abordables, une nouvelle clientèle va découvrir Nan Goldin, René Burri ou Nobuyoshi Araki. La sélection des photographes se fait en petit comité, « originalité, force du travail, sensibilité », voilà leur Graal. Mais avec le temps le catalogue de Wanted a évolué comme le regard de Laurent Sailly, « notre offre s’est réduite et épaissie, avoue-t-il, je suis fier d’avoir participé à ce moment de développement et de démocratisation de la photo, un formidable moyen pour donner de la personnalité à son intérieur. Un art moderne, accessible, à la fois reflet de la vie d’aujourd’hui et très intime. » Mode d’emploi : 15 à 20 % des ventes se font sur le Net, notamment à des clients étrangers. Mais en général, les gens ont déjà regardé le site Internet et viennent revoir leur choix en galerie pour la qualité des tirages. Ils apportent souvent un mètre pour mesurer la photographie. Laurent recherche de l’architecture, des paysages très décoratifs. Pourquoi ce succès des paysages urbains ? « L’architecture urbaine est spectaculaire, facile d’accès, reconnaissable. » Avis à un collectionneur : « Suivez votre instinct, vivez avec les oeuvres, changez-en – l’avantage de ne pas les avoir payées trop cher -, vous affinerez votre regard ! Il faut changer régulièrement l’accrochage, faire vivre les oeuvres, ce qui donne une nouvelle énergie aux lieux. » L’encadrement : les acquéreurs apprécient généralement l’encadrement de la galerie sinon Laurent conseille Gapillan dans le XXe et Quadrilège, dans sa rue ! Coup de coeur : La photographie qui témoigne de l’histoire, de notre société comme cette oeuvre à Paris Photo d’Alberto Garcia-Alix où le photographe s’est représenté en autoportrait avec Hitler. Il apprécie aussi le travail d’un jeune talent comme Lucia Zegada.

Une idée de prix : de 200 à 8 000 ¤. 23, rue du Roi-de-Sicile, 75004. Tél. : 01 44 54 02 55 et wantedparis.com. En partenariat avec La galerie Wanted, rue du Roi-de-Sicile. © Wanted © Wanted 12/07/

Galerie La BANK – Céline Brugnon et Marie-Céline Somolo
Les origines : multidisciplinaire, la galerie a pourtant été retenue pour Paris Photo 2009 parmi trois cents demandes émanant de trentecinq pays ! « Ce qui compte c’est que la galerie ait une ligne directrice », explique son commissaire Guillaume Piens, et La BANK n’en manque pas. Créée en 2005 par Céline Brugnon, ex-directrice de la galerie Kamel Mennour, et Marie-Céline Somolo, graphiste, La BANK s’est installée rue Volta, avec en sous-sol une salle de projection pour montrer du cinéma expérimental et des films d’artistes. « Au départ, nous souhaitions créer un lieu alternatif entre galerie et concept-store. Pour le moment, nous commençons par une galerie classique avec des artistes que nous connaissions déjà comme Zoulikha Bouabdellah ou Katia Bourdarel », expliquent-elles. Leur credo : « La vidéo de Larissa Sansour qui montre l’arrivée sur la Lune de la première femme palestinienne, qui y plante son drapeau, est éminemment politique, explique Marie-Céline, qui privilégie les travaux en rapport avec une actualité mondiale, c’est la raison pour laquelle on aime autant les choses bling-bling, tapageuses, comme Miss Marion dont les photos érotiques évoquent des strip-teases burlesques que le travail de Larissa. » De la même artiste Bethléem Bandolero qui parle de violence, de colonisation sur une musique de western et, au fil de l’image, d’une jeune femme aux pistolets que rien n’arrête. Une des plus en vue de la galerie est Lara Baladi et ses photomontages complexes, qui s’inspirent de sa vie au Liban puis au Caire. « On aime présenter des talents confirmés et on rêve de superstars ! On a grandi avec certains artistes qui font aujourd’hui la Biennale de Venise. On a une clientèle de collectionneurs, mais aussi d’amateurs qui font chez nous leur premier achat, on vend à des fondations et à l’Etat. » L’évolution de l’achat de photo : « Avant, les clients avaient une grande angoisse par rapport à la pérennité de l’oeuvre, le nombre de tirages, la destruction du négatif. Aujourd’hui l’oeuvre photographique est rentrée dans les moeurs. C’est générationnel, on sait qu’un support hautement reproductible n’empêche pas l’unicité de l’oeuvre. De la même manière, la vidéo est devenu l’élément de décor d’un appartement. A Paris Photo, beaucoup de gens s’arrêtaient devantLa balançoire d’Arnaud Pyvka, une nature morte représentant des enfants sur un manège, très décadré. On attire une clientèle qui veut du beau, du rêve, de l’esthétique avec une très belle qualité de tirage et de définition comme ceux plus à la recherche d’artiste à message identitaire. » Avis aux collectionneurs : « Cela ne sert à rien de spéculer, il faut fonctionner au coup de coeur, clament-elles, regarder le parcours d’un artiste, l’orientation qu’il prend, ne pas avoir d’a priori ». Elles recommandent de « surveiller de près ces nouveaux photographes de mode qui ont un vrai oeil avec leur côté esthétique très sûr, tout aussi intéressant que la photo abstraite. » L’encadrement : « Pour l’encadrement nous conseillons Franck Mangon à Bezons-la-Garenne et Juliette Murcia dans le XVIe mais les gens achètent souvent comme c’est déjà présenté. On se rend à l’accrochage in situ pour des hôtels qui ouvrent par exemple. La mixité des oeuvres dans un espace est souhaitable, rien de pire qu’un couloir de photos de jazz en noir et blanc », rit Marie-Céline ! Leurs derniers coup de coeur : pour Marie-Céline, encore et toujours Stéphane Couturier chez Polaris, Youssef Nabil pour Céline avec ses jeux de plage relevés au pastel.

Une idée de prix : de 150 (Arnaud Pyvka) à 42 000 ¤ (Lara Baladi). 42, rue Volta, 75003. Tél. 01 42 72 06 90 et bankgalerie.com.

Galerie Lumière des Roses – Philippe Jacquier et Marion Pranal Les origines : est-ce pour suivre les traces de son arrière-grand-père, opérateur des Frères Lumière, devenu photographe du sultan du Maroc, qu’il a abandonné la production de films ? Peut-être mais en matière de galerie de photos, il y avait déjà beaucoup de monde. « Je cherchais une photo unique, émouvante, accessible. » Photo anonyme, mode d’emploi : Philippe Jacquier écume les videgreniers. Trois fois par semaine, dès potron-minet, direction les déballages au cul du camion. Combien de tas entiers de photos dépouillés avant de découvrir cette plongeuse nue qui se jette du haut d’une falaise, des flocons de neige de 1910 très graphiques ou cette intrigante Origine du monde japonaise… « L’important c’est l’image avant tout, signée ou pas ! » Il dit « qu’il vend son regard, au public de juger s’il est pertinent ou pas ! » L’engouement est fort, dans le public où chacun retrouve un peu de son histoire, chez les artistes qui en font des oeuvres uniques. « Une photo ne naît pas anonyme, elle le devient. Elle doit avoir vécu sa vie, collée dans un album, accrochée au mur, coincée dans les pages d’un livre de bouquiniste où je la retrouve parfois ! Beaucoup des photographies de prostituées-courtisanes du XIXe que Christian Lacroix a choisies chez nous, pour son exposition personnelle à Arles, il y a deux ans, avaient été jetées par des brocanteurs. Je voudrais trouver plus de tirages couleur mais ils sont encore, pour la plupart, dans les albums ! » Sa clientèle se répartit entre amateurs qui viennent chez lui pour les autochromes et musées qui ont déjà compris depuis longtemps l’importance de cette photographie dite un peu pompeusement “vernaculaire”. La reconnaissance : Le MoMa de New York lui a déjà acheté une photo. Le musée Nièpce de Châlon-sur-Saône possède également une belle collection. Deux fois par an, il organise des ventes, travaille les thèmes avec, par exemple, cette exposition de photographies de chapeaux 1900 au milieu des réalisations d’une chapelière travaillant pour le cinéma ! A Paris Photo, il a vendu cette année quasiment toutes ses photos. « Ça repose le regard des grands formats, des contrastes forts ! », entendait-il parfois. Si certains font encore la fine bouche devant ces photos non signées, pour Valérie Fougeirol, directrice artistique de la galerie Magnum, alors commissaire de Paris Photo, leur place parmi les retenus du salon ne faisait aucun doute « Tous les marchands se pressaient déjà chez eux et se revendaient les photos à même la cour. Et l’oeil de Philippe était déjà si sûr, sa sélection était impeccable ! » L’encadrement : « Mes photos sont très intimes, elles n’ont pas vraiment de valeur décorative comme les grands formats contemporains, on doit s’en approcher pour les comprendre ! Le public est souvent séduit par nos encadrements en chêne clair sinon je conseille Pinçon au Père Lachaise. Pour les portraits “carte de visite” du siècle dernier, nous chinons aussi des cadres napoléoniens en velours ou marquetterie qui les mettent en valeur ! Lorsque les gens piochent dans nos boîtes de photos à 30-40 ¤, nous réalisons la marie-louise correspondante et ils repartent avec dans une pochette kraft, une jolie idée cadeau ! J’ai été heureux de voir mes photos de courtisanes accrochées dans l’escalier d’un collectionneur à Bâle cohabitant sans heurt avec de grandes photos contemporaines dans son salon. »

Une idée de prix : de 50 à 2 000 ¤. Philippe Jacquier et Marion Pranal. 12-14, rue Jean-Jacques Rousseau, 93100 Montreuil. Tél. 01 48 70 02 02 et lumieredesroses.com

Galerie Agathe Gaillard
« Depuis les débuts de ma galerie en 1975, j’essaie de trouver quelle photographie peut entrer dans le domaine de l’art. En fait je voulais que ma galerie suscite une nouvelle façon d’être photographe. Lorsque j’ai ouvert, ces inspirations s’appelaient Alvarez Bravo, Kertesz, Cartier-Bresson et ils étaient encore vivants. Des maîtres qui ont été en quelque sorte macaution. Il n’y avait pas encore d’histoire de la photographie écrite. Il y avait des photographes d’art mais tendance pictorialiste et moi, ce qui m’intéressait, c’était les photos qui montraient le monde. Les photographes n’étaient pas respectés à l’époque alors qu’ils étaient déjà des auteurs à part entière avec une vision du monde. J’ai commencé par Ralph Gibson, Jean- Philippe Charbonnier,à l’époque mon mari. Dans mes expositions je parle des pères de la photographie comme des plus jeunes qui promettent et s’essoufflent parfois vite. Il y a aussi ceux qui décèdent comme Hervé Guibert et ceux qui s’arrêtent parce qu’ils pensent qu’ils ont fait le tour de la vie d’artiste comme Bernard Faucon. J’ai travaillé avec de grands photographes internationaux mais depuis dix ans, je privilégie les français, un terrain fertile dont sortent de grands artistes. J’expose des talents et styles très différents. Il faut que seul l’appareil photo ait pu faire cette image, qu’elle puisse s’intégrer dans l’histoire de la photographie. » Avis aux collectionneurs : « Il faut quelque chose en plus pour être collectionné, quelque chose d’intemporel, de particulier. Partez de ce qui excite chez vous un violent désir ! Collectionnez les gens de votre génération plutôt que les grands maîtres anciens qui sont achetés plus par argent que par goût. Concernant la question du nombre de tirages, j’estime que lorsqu’une photo est bonne, il n’y en n’aura jamais assez. La marchandise est rare. Si on perd un négatif, la photo disparaît à jamais ! L’important n’est pas le nombre de tirages mais que la photo soit exceptionnelle, si c’est beau, on en profite quelques années tout de même ! Recherchez des photos inusables et n’écoutez pas trop le marché de l’art – des gens qui essaient de définir l’art le plus important de leur temps, ce qui en revient à désigner quelques artistes qui vont faire de l’argent ! » Coups de coeur : « J’aime le travail autour des animaux de Jean-François Spricigo, qui n’a que vingt-cinq ans, et de Sonia Andreu, que je vais exposer, qui a réalisé un travail en noir et blanc sur la nuit, la peur du noir, les architectures nocturnes, remarquable. » L’encadrement : Agathe Gaillard ne donne pas de conseils d’encadrement mais oriente ses clients vers l’encadreuse Karine Eberlin, dans le VIe arrondissement, qui avait fait une petite exposition dans son atelier, “25 façons d’encadrer la photographie”. La scénographie : « Chez soi, tout est possible, il faut afficher ses goûts, les mélanger, une cohérence donnée par la vision de celui qui habite. Je pense qu’il faut mettre beaucoup de photos sur un mur et qu’une seule photographie n’est pas très décorative. L’accumulation crée une ambiance formidable et unique. En face de mon lit, j’ai un nu de Bill Brandt dont je ne me lasse pas. La femme est toujours très belle sous des lumières différentes, c’est une photographie inusable ! »

Une idée de prix : de 1 000 à 10 000 ¤. 3, rue du Pont-Louis-Philippe, 75004. Tél. 01 42 77 38 24 et agathegaillard.com.

juillet 14, 2010

Du Jazz à Paris

Filed under: tout ou rien — marcos @ 12:59
Tags: , ,

Paris Jazz Festival
Les promeneurs paient juste le prix de l’entrée du Parc floral et assistent pendant tout l’été, le week-end, à des concerts de jazz gratuits. L’affiche est toujours alléchante, d’autant que la direction artistique est assurée par Sébastian Danchin, l’un des grands spécialistes de la musique américaine, capable aussi d’évasion. Il invite le joueur de oud tunisien Anouar Brahem (18 juillet), et le flamboyant chanteur funky et groove Anthony Joseph et son Spasm Band, qui pourraient devenir la prochaine attraction scénique de la musique noire. Un hommage sera rendu à Joe Zawinul, décédé il y a quelques années et fondateur de Weather Report (le 24). Le grand bassiste Richard Bona, à cheval sur les cultures jazz et africaine, vient quant à lui présenter son nouvel album, The Ten Shades of Blues (le 25). Cette édition 2010 du Paris Jazz Festival s’achève, le 1er août, par un concert original : l’accordéoniste Richard Galliano jouera les classiques de Jean-Sébastien Bach et du roi du tango Astor Piazzolla, son autre idole. La réconciliation de toutes les musiques.

Jusqu’au 1er août au Parc floral, esplanade du Château de Vincennes, 12e. M° Château de Vincennes. Concerts sous le chapiteau à 15 h et 16 h 30. Entrée du parc : 5 euros. Tél. : 01 48 72 32 97. http://www.parisjazzfestival.fr.

Jazz à la Villette
Ce festival de la fin d’été propose des croisements entre divers genres : house, groove, jazz, poésie… Le guitariste de néo-blues Marc Ribot et la bassiste funky Meshell Ndegeocello (le 31 août) voisinent avec le pianiste de fusion Chick Corea et le batteur Roy Haynes (le 2 septembre). Le trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf (le 3), le clarinettiste klezmer David Krakauer et le formidable tromboniste Fred Wesley, ancien bras droit de James Brown (le 4), la chanteuse de soul anglaise Alice Russell pour une “session acoustique” (le 5) nous invitent à un voyage contrasté. Les amateurs de chemins de traverse musicaux devraient apprécier la rencontre du pianiste cubain Chucho Valdès et du saxophoniste free Archie Shepp (le 7), et du fantasque Gil Scott-Heron (pour ceux qui ont raté ses concerts au New Morning), précurseur du rap, chevalier du “spoken word”, avec le chanteur soul Saul Williams (le 8). Le feu d’artifice continue grâce au saxophoniste italien de hard bop Stefano Di Battista, et aupianiste soul Eric Legnini (le 9). D’autres noms figurent au programme : trois pianistes, Paul Bley (le 10), le Cubain Gonzalo Rubalcaba (le 11) et le moderne Robert Glasper (le 12) composent peutêtre la plus belle affiche qu’on ait vue du côté de la Villette.

Jazz à la Villette, du 31 août au 12 septembre à 20 h, à la Cité de la Musique, Grande Halle de la Villette et Cabaret Sauvage, 211, avenue Jean Jaurès, 19e. M° Porte de Pantin et Porte de la Villette. Et au Point Ephémère, 200, quai de Valmy, 10e. M° Jaurès. Tél. : 01 44 84 44 84. http://www.jazzalavillette.com.

Festival All Stars
Comme tous les ans, le New Morning accueille son festival “All Stars”, où se succède un florilège de noms prestigieux qui ont marqué l’histoire. Le 12 juillet, le bassiste Ron Carter pose ses valises, à la tête du Golden Strike Trio, avec le grand pianiste Mulgrew Miller et le guitariste Russell Malone. On enchaîne avec le guitariste de blues Joe Louis Walker, énorme technicien, passionnel et incisif (le 15), le pianiste new-yorkais d’origine portoricaine Eddie Palmieri et son jazz latino (le 16), le saxophoniste David Sanborn, inventeur du jazz suave, (le 20), et enfin le combo new-yorkais de hip hop, soul et reggae, Brooklyn Funk Essentials (le 21). On ne peut aussi que conseiller le concert de l’organiste Booker T. Jones, une figure de la soul, créateur du fameux classique Green Onions avec le guitariste Steve Cropper (malheureusement, il ne sera pas là), et qui fut le pilier de la maison Stax pendant les années 1960 (le 22). Et ce n’est pas fini : voici le guitariste de jazz-blues Robben Ford, ancien compagnon de route de Miles, aux côtés du saxophoniste Bill Evans (le 23). 0n citera aussi le puissant saxophoniste James Carter (le 24), le turbulent tromboniste funk Fred Wesley (le 26), le formidable trompettiste Roy Hargrove, l’un des meilleurs musiciens de sa génération (les 27 et 28), et le pianiste franco-américain Jacky Terrasson (le 29). Le mois d’août ne nous laissera pas respirer davantage puisque, le 7, se produit Spencer Bohren, spécialiste néo-orléanais de la lap steel guitar, entre blues du Sud et country. Pour cette fête, le New Morning s’est mis à l’heure d’été : les concerts commencent à 21 h 30.
Festival All Stars, en juillet et août à 21 h 30, au New Morning, 7-9, rue des Petites Ecuries, 10e. M° Château d’Eau. Tél. : 01 45 23 51 41.

10e Festival Jeunes Talents
Rendez-vous désormais incontournable pour les amateurs de musique classique en juillet à Paris, Le Festival Jeunes Talents bat son plein depuis la fin de la semaine dernière. Mais il reste encore beaucoup de rendezvous à savourer. Depuis une décennie, la manifestation s’attache à promouvoir et à faire collaborer entre eux de jeunes musiciens européens. Si le grand répertoire romantique demeure un axe essentiel de la programmation, celle-ci a su au fil du temps s’ouvrir tant à la musique baroque qu’au contemporain : la présence d’un “compositeur invité” en témoigne. Après Karol Beffa l’an dernier, c’est au tour d’oeuvres de Bruno Mantovani de constituer le fil rouge d’une 10e édition où tous les goûts trouveront à se satisfaire. Une belle diversité qui s’exprime d’ailleurs de façon surabondante le 14 juillet à l’occasion d’un “concert surprise” constitué de dix mini-récitals en tous genres (la soprano Léa Sarfati, les pianistes François Dumont, Marie Vermeulin, la flûtiste Anna Besson, la violoncelliste Claire- Lise Démettre, etc.). Dixième anniversaire oblige ! Avec sept concerts par semaine jusqu’à la fin du mois, le mélomane n’aura que l’embarras du choix, de l’excellent Trio Cérès (15/07) au Quatuor Tercea associé à la pianiste Varduhi Yeritsyan (20/07), du très prometteur violoncelliste Victor Julien-Laferrière en dialogue avec Claire Désert (16/07) au tandem Bogdanovic/Bizjak (22/07), ou de l’ensemble baroque Les Ombres (21/07) à la soprano Gaëlle Arquez (29/07) qui conclut le festival 2010 par un éclectique programme de mélodies, lieder et songs.

10e Festival Jeunes Talents, jusqu’au 29 juillet (sauf le lundi) à 20 h (16 h et 18 h le dimanche), à l’Hôtel de Soubise-Archives nationales, 60, rue des Francs-Bourgeois, 3e. M° Hôtel de Ville. Tél. : 01 40 20 09 34. Places : 5-15 euros. Programmation détaillée : http://www.jeunes-talents.org.

Festival de l’Orangerie de Sceaux
Le piano et la musique de chambre forment l’identité du Festival de l’Orangerie de Sceaux. Pour cette 41e édition, la jeune génération occupe une place de choix. Dès dimanche prochain, le magnifique pianiste Romain Descharmes se produit en récital dans Scriabine, Ravel et Schumann, avant qu’on ne retrouve par la suite le Duo Bizjak, Isabelle Faust ou le Cuarteto Casals. Mais les aînés ne sont pas pour autant oubliés : Philippe Bianconi, Jean-François Heisser, Dame Felicity Lott et le Quatuor Voce par exemple sont eux aussi de la fête d’ici au 12 septembre.

Orangerie du Parc de Sceaux (92). RER B, arrêt Bourg-la-Reine. Tél. : 01 46 60 07 79. Tous les concerts les samedis et dimanches à 17 h 30. Places : 5-30 euros. http://www.festival-orangerie.fr.

Page suivante »

Propulsé par WordPress.com.