Pourquoi?

décembre 15, 2010

Exposition photo : sous la neige

Filed under: tout ou rien — marcos @ 9:32
Tags: ,

Voilà une exposition de saison. La France croule sous la neige, elle est venue d’un coup, un peu trop d’ailleurs parfois dans certaines régions. En ville, c’est une tout autre histoire. La galerie de l’Europe nous propose une série de photographies de Christophe Jacrot liées au temps qu’il fait. C’est beau, une ville enneigée !

Cela faisait déjà quelques jours qu’on la pressentait, au vu du ciel plus bas, plus lourd et plus gris qu’à l’accoutumée. Et puis, il y a deux semaines, elle est enfin apparue. La neige. Pour le plus grand bonheur de ses amateurs, parce qu’il y en a. Parce qu’il n’y a pas que des Parisiens râlant dès le premier flocon qui tombe, sous prétexte que « ça y est, ça va être l’horreur, les trottoirs vont ressembler à des patinoires, et puis à Paris, de toute façon, c’est tout de suite de la gadoue, c’est sale. » Non, il y a des Parisiens qui trouvent ça chouette, la neige dans le paysage urbain. Il suffit juste d’être bien équipé contre le froid, voilà tout. A vous la ville ! D’ailleurs, on est parti découvrir l’exposition photo “Hiver en villes” sous la neige, histoire d’être dans l’ambiance. La galerie de l’Europe est petite, mais accueille pourtant de grands formats. Nichée rue de Seine, elle a le charme germanopratin du quartier. C’est une galerie où l’on entre volontiers, chaleureuse qu’elle est avec son sol en moquette noire et ses murs blancs. Une simplicité bourgeoise (oui, c’est possible) pour accueillir cette série de clichés signée Christophe Jacrot, montrant le paysage urbain transfiguré par la neige. On lui avait demandé, pour un guide touristique, de photographier Paris sous le soleil. Problème, il a fait un temps pourri. Alors, bing, l’idée de capturer la ville sous les intempéries est venue. Et bingo, si l’on peut dire, car ses photographies n’ont rien de cliché. Christophe Jacrot s’est baladé dans les rues de Paris, de New York et de Chicago. On admire ainsi la beauté romantique et mélancolique que la poudreuse apporte au bitume, le maquillant d’un film immaculé, des artères rendues désertes par le froid, et qui donnent l’occasion à celui qui a décidé de mettre le nez dehors de se réapproprier la ville. Ces photographies captent magnifiquement tous ces moments en suspens. Dans chaque cliché, la vie est néanmmoins présente. Il ne s’agit pas d’une série de paysages urbains déserts et froids. On y voit toujours une silhouette frêle et sombre, avec ou sans parapluie, luttant à sa façon avec le temps et faisant ainsi partie intégrante du décor. Est-ce le hasard ou la chance qui a fait que le photographe a su capter tous ces moments ? Combien de temps a-t-il attendu pour qu’un courageux promeneur fasse son apparition au loin ? Il le dit lui-même, empruntant une citation du célèbre photographe Willy Ronis, le maître absolu de cet exercice de style, l’amoureux éternel de Paris : « Il y a un vrai plaisir à trouver la place juste, cela fait partie de la joie de la prise de vue et c’est parfois aussi un tourment parce qu’on espère des choses qui ne se passent pas, ou qui arriveront quand vous ne serez plus là. » Les instantanés de Christophe Jacrot nous montrent une ville sublime, calme et apaisée, d’où toute agitation a disparu, où que l’on soit. Il semble que la poudreuse saupoudre de la paix sur le paysage urbain. Aurait-elle ce pouvoir à la fois éphémère et mystérieux ? Finalement, ces photographies nous plongent dans notre hiver, et c’est beau. A ne pas manquer.

Publicités

Propulsé par WordPress.com.