Pourquoi?

mai 3, 2010

Le retour du jeudi

Filed under: tout ou rien — marcos @ 6:58
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Moins chères, moins encombrées et plus pointues, les soirées du jeudi rassemblent les vrais clubbers de la capitale, mais aussi les amateurs de concerts et d’after-work. Petit passage en revue, du Rex au Social Club.

Le retour du jeudi, c’est un fantasme pour les clubbers des années 2000. Certains en faisaient leur jour de prédilection pour sortir, et se fixaient comme principe de ne jamais bouger le samedi soir. On se rappelle des soirées enflammées du Pulp, quand Kill The DJ faisait venir Laurent Garnier dans un club blindé, ou des fiestas bon enfant No Dancing Please. A cette époque, le créneau du jeudi mobilisait tous les fêtards qui ne souhaitaient pas danser dans les embouteillages du samedi soir. Le jeudi, l’ambiance est différente, on retrouve des têtes connues, comme une petite communauté. Calé au début de la fin de semaine, il a une position préférentielle. Remy Kolpa Kopoul, “connexionneur” chez Radio Nova, approuve : « Le jeudi, c’est le meilleur jour de la semaine pour ceux qui décident de sortir avant le week-end “pilote automatique”. C’est une vraie option pour ceux qui ne veulent pas se faire piétiner le vendredi ou le samedi. » Ces dernières années, les aficionados du jeudi soir ont un peu perdu de leur foi avec le déclin de la fréquence et de la variété des soirées dans la capitale. Emeline Ginestet du Rex Club en convient : « C’est vrai que le boulevard est un peu moins fréquenté qu’à la grande époque du Pulp-Rex, mais désormais on trouve un autre circuit, Social Club-Rex, qui fonctionne assez bien. » Alors que certains organisateurs de soirées indépendants se refusent parfois à monter une soirée en semaine, de peur de planter leur comptabilité, le jeudi est toujours utilisé par les clubs comme une rampe de lancement vers le week-end, et comme une occasion de mettre en avant des affiches moins tape-à-l’oeil. Au Social Club, c’est le jour où la programmation est la plus libre, et le public répond présent. Emmanuel Barron, le programmateur : « Il n’y a pas de thématique particulière. On passe d’une tête d’affiche de type Tiga aux résidences de Brain ou Bon Appétit, ou un plateau découverte plus élaboré. Artistiquement, c’est super libre. » Au Rex, les soirées du jeudi sont souvent gratuites : « On met l’accent sur les release party, les labels nights et les nouveaux artistes. On trouve des projets plus pointus que les autres soirs », explique Emeline. « Le public y est aussi différent. C’est une clientèle de connaisseurs, un peu plus âgée, avec des DJ’s qui sortent écouter un peu de musique avant leur date du week-end. » Danser moins serré Alors que les soirées Antisocial du Social Club marchent plutôt bien, le Rex n’ouvre plus ses portes le mercredi, sauf pour les Massive d’Elisa do Brasil. A Paris, la semaine des nuits s’est rétrécie. Il fut un temps où les soirées en semaine connaissaient toutes un minimum d’affluence. Du coup, les after-work, concept anglo-saxon en forte croissance à Paris, se mettent à squatter le créneau. Le seven to one, entré dans les moeurs outre-Manche, voit sa popularité augmenter avec le nombre de boissons livrées avec le ticket d’entrée, et un saupoudrage savant de tous les genres musicaux. Sorte de clubbing low-cost, les after- work brassent très large. Certaines salles, à l’instar du Nouveau Casino, ont d’ailleurs zappé les DJ’s du jeudi pour laisser la place à des concerts, avec notamment les Thursday Night Live. Au Glaz’art, la place est occupée par les concerts de Radio Néo, jusqu’à 1 h. A quoi attribuer ce relatif déclin du jeudi ? A une offre trop timide, ou à un public qui ne répond plus ? Pourtant, avec les RTT, rien de plus facile que de se caler un jeudi soir sur le dancefloor. Il reste quand même des gens qui, après une semaine laborieuse, se laissent aller à une grosse fiesta avant l’heure. Et l’ambiance s’en ressent, positivement. Emmanuel Barron confirme : « Chaque soir est assez différent au Social Club. Le jeudi, on touche plus des gens qui ne bossent pas ou qui n’ont pas de cours le lendemain matin. C’est pour ça qu’en général, on a une ambiance plus décadente. »

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